Elles seront 50.

Un programme pour les femmes en exil.
Femmes déplacées internes au Burkina Faso : écouter avant d'agir pour construire des solutions durables.
Dans le Sanguié, les premières rencontres avec les femmes déplacées internes
Au Burkina Faso, derrière les statistiques sur les personnes déplacées internes se cachent des milliers d'histoires humaines.
Des femmes qui ont dû fuir leur village, abandonner leurs terres, leurs activités et parfois une partie de leur famille pour échapper à l'insécurité.
Cette semaine, l'équipe de l'ONG Tamounte a commencé un travail de terrain dans la province du Sanguié, notamment dans la commune de Réo, afin de rencontrer des femmes déplacées internes et mieux comprendre leur réalité quotidienne.
Notre démarche est simple : avant de construire un projet, nous souhaitons d'abord écouter.
Comprendre les besoins réels des femmes déplacées internes
Lorsque nous sommes arrivés sur le terrain, il n'y avait ni tableaux statistiques, ni rapports d'experts.
Il y avait surtout des femmes.
Des femmes courageuses qui tentent de reconstruire leur vie malgré les épreuves.
Nous avons pris le temps d'échanger avec elles, d'écouter leurs parcours, leurs difficultés mais aussi leurs aspirations.
Car derrière les chiffres du déplacement forcé, la réalité est souvent bien plus complexe.
Les groupes armés qui ont sévi dans plusieurs localités du Burkina Faso, notamment dans les zones de Dassa, Didyr, Ténado et Tiogo, ont provoqué le déplacement de nombreuses familles vers des zones plus sécurisées comme Réo.
Ces déplacements ont aggravé une situation de précarité déjà existante. Les populations concernées sont majoritairement rurales et vivent principalement de l'agriculture.
Les femmes sont parmi les plus touchées.
Une vulnérabilité accrue pour les femmes et les jeunes filles
Au fil des rencontres, plusieurs constats se sont imposés.
Privées de leurs terres et de leurs moyens de subsistance, de nombreuses femmes dépendent aujourd'hui de la solidarité des communautés d'accueil. Des familles elles-mêmes fragilisées par la pauvreté mais qui partagent malgré tout leur eau, leur nourriture et leurs ressources.
Les difficultés évoquées reviennent régulièrement :
*L'accès à l'eau potable ;
*L'accès à la terre agricole ;
*Le manque d'activités génératrices de revenus ;
*Les difficultés alimentaires ;
*L'isolement social et économique ;
*La déscolarisation des jeunes filles ;
*Les risques de mariages précoces et de travail domestique.
Pourtant, au-delà de ces difficultés, un message revient avec force.
Ces femmes ne veulent pas vivre de l'assistance.
Elles veulent retrouver leur autonomie.
Elles ne demandent pas de l'aide, elles veulent vivre.
L'un des enseignements majeurs de ces premières rencontres est que la plupart des femmes déplacées internes ne demandent pas une aide permanente.
Elles souhaitent avant tout retrouver leur dignité économique.
Elles veulent pouvoir travailler.
Produire.
Vendre.
Soutenir leurs enfants.
Participer au développement de leur communauté.
Cette volonté d'autonomie est au cœur de la réflexion menée actuellement par l'ONG Tamounte.
Un projet d'inclusion socio-économique pour les femmes déplacées internes de Réo
Afin de répondre aux besoins identifiés sur le terrain, l'ONG Tamounte travaille actuellement à l'élaboration d'un programme d'inclusion socio-économique destiné aux femmes déplacées internes de la commune de Réo.
L'objectif est clair : passer d'une logique de prise en charge à une logique d'autonomisation durable.
Ce programme vise à accompagner 30 femmes et jeunes filles déplacées internes à travers plusieurs axes d'intervention.
1. Développement des activités génératrices de revenus
Formation de 20 femmes à la fabrication de savon liquide et solide afin de leur permettre de développer une activité économique rapidement mobilisable.
2. Formation professionnelle
Insertion de 20 femmes dans des centres de tissage de pagnes traditionnels afin de renforcer leurs compétences et favoriser leur employabilité.
3. Insertion des jeunes filles
Accompagnement de 10 jeunes filles dans des centres de formation en coiffure pour leur permettre d'acquérir un métier durable.
4. Éducation financière
Formation de 30 participantes à la gestion financière afin de renforcer leur autonomie économique et leur capacité à gérer une activité génératrice de revenus.
5. Accompagnement entrepreneurial
Soutien à la création de micro-entreprises et suivi personnalisé des activités mises en place.
Des résultats concrets attendus.
À travers ce programme, plusieurs impacts directs sont recherchés :
*20 femmes formées à la fabrication de savon ;
*20 femmes formées au tissage traditionnel ;
*10 jeunes filles formées aux métiers de la coiffure ;
*30 femmes et jeunes filles formées à la gestion financière ;
*Création de micro-entreprises génératrices de revenus ;
*Renforcement de l'autonomie économique des participantes ;
*Amélioration des conditions de vie des familles bénéficiaires.
Partir du terrain pour construire des solutions durables.
Nous sommes encore dans une phase d'écoute, d'analyse et de collecte d'informations.
Les prochaines semaines seront consacrées à la poursuite des rencontres avec les femmes déplacées internes afin d'identifier les solutions les plus adaptées à leurs besoins.
Parce qu'un projet de développement durable ne peut pas être construit depuis un bureau.
Il doit naître de la réalité du terrain.
Et aujourd'hui, le terrain nous dit une chose essentielle :
Ces femmes ont perdu beaucoup de choses.
Mais elles n'ont pas perdu leur courage.
Elles n'ont pas perdu leur dignité.
Et surtout, elles n'ont pas perdu leur volonté d'avancer.

