Tamounte

Lutte contre le Paludisme au Burkina Faso.

Lutte contre le Paludisme au Burkina Faso.
Valérie Passeport
Valérie Passeport19 février 2026
6 min de lecture

Dans nos zones d’intervention au Sahel, le paludisme reste l’une des premières causes de mortalité infantile et d’affaiblissement des familles. Un enfant malade ne mange plus, une mère épuisée ne peut plus travailler, une récolte peut être compromise. Pour Tamounte, lutter contre le paludisme est un levier stratégique pour protéger la santé et consolider l’autonomie économique.

Lutter contre le paludisme : protéger les enfants, préserver les récoltes et renforcer l'autonomie des familles

Le paludisme ne tue pas seulement des enfants. Il freine aussi le développement de tout un village.

Lorsque l'on parle du paludisme, on pense immédiatement à une maladie.

À de la fièvre. À des moustiques. À des traitements.

Mais sur le terrain, au Burkina Faso et plus largement dans le Sahel, le paludisme est bien davantage qu'un problème de santé publique.

C'est un frein au développement. Une maladie qui appauvrit les familles. Qui vide les champs.

Qui éloigne les enfants de l'école. Qui fragilise les femmes enceintes. Qui aggrave la malnutrition.

Chez Tamounte, nous sommes convaincus que l'on ne peut pas construire un développement durable sans agir aussi sur la santé.

Parce qu'une famille malade ne peut pas produire. Un enfant malade ne peut pas apprendre.

Une mère malade ne peut pas développer son activité économique.

C'est pourquoi la lutte contre le paludisme est devenue un pilier à part entière de notre approche intégrée.


Au Burkina Faso, le paludisme fait partie du quotidien.

Dans les villages où nous intervenons, la saison des pluies est attendue avec impatience.

Elle annonce les semis. Les jardins reprennent vie. Les récoltes futures se dessinent.

Mais elle apporte également une autre réalité. La prolifération des moustiques.

Et avec eux…Une augmentation des cas de paludisme.

Les premiers touchés sont les enfants de moins de cinq ans. Puis les femmes enceintes.

Mais les conséquences dépassent largement le domaine médical.

Lorsqu'un enfant est malade, sa mère cesse souvent son activité pour le soigner.

Lorsqu'un père est alité plusieurs jours, les champs ne sont plus entretenus.

Lorsqu'une famille doit payer plusieurs traitements dans la même saison, son budget alimentaire diminue.

Le paludisme devient alors une véritable spirale de pauvreté.


Un enfant malade est souvent un enfant mal nourri.

Nos équipes de nutrition observent régulièrement cette réalité.

Le paludisme et la malnutrition s'alimentent mutuellement.

Un enfant souffrant de malnutrition possède un système immunitaire plus fragile.

Il résiste moins bien aux infections.

À l'inverse, un épisode de paludisme provoque une perte d'appétit, de la fatigue et une dégradation rapide de l'état nutritionnel.

En quelques jours, un enfant déjà fragile peut basculer vers une malnutrition sévère.

C'est pourquoi, chez Tamounte, nous refusons de traiter ces problématiques séparément.

La nutrition. L'eau. L'agriculture. L'hygiène. La prévention du paludisme.

Tout est lié.


Notre approche : prévenir plutôt que subir.

Distribuer des médicaments est indispensable.

Mais cela ne suffit pas.

Nous souhaitons permettre aux communautés de développer leurs propres capacités de prévention.

Notre stratégie repose sur trois piliers complémentaires.


1. Prévenir immédiatement les risques

La première étape consiste à protéger les familles.

Concrètement, Tamounte met en œuvre des actions simples mais extrêmement efficaces.

Nous distribuons des moustiquaires imprégnées aux familles les plus vulnérables.

Nous organisons des séances de sensibilisation dans les villages.

Nous expliquons comment limiter les eaux stagnantes autour des habitations.

Nous accompagnons les communautés sur les bonnes pratiques d'hygiène.

Nous sensibilisons tout particulièrement les femmes enceintes et les jeunes parents.

Parce qu'une moustiquaire correctement utilisée reste l'un des moyens les plus efficaces de prévenir le paludisme.


Exemple concret

Dans un village, une seule moustiquaire protège souvent plusieurs enfants.

Une mère nous racontait récemment qu'avant de recevoir une moustiquaire, son plus jeune fils tombait malade presque à chaque saison des pluies.

Depuis qu'il dort protégé, les épisodes de fièvre ont fortement diminué.

Pour cette famille, cela signifie moins de consultations médicales.

Moins de médicaments.

Moins de journées perdues.

Et surtout…

Un enfant qui grandit dans de meilleures conditions.


2. Développer une solution locale durable : l'Artemisia

Chez Tamounte, nous croyons également au développement des ressources locales.

C'est pourquoi nous avons intégré la culture de l'Artemisia dans nos périmètres agroécologiques.

L'objectif n'est pas seulement agricole. Il est aussi sanitaire.

Nous accompagnons les communautés pour :

  • créer des parcelles d'Artemisia dans les jardins communautaires ; distribuer des plants aux familles ; former les bénéficiaires à la culture, au séchage et à la conservation ; sensibiliser les communautés à son utilisation dans le respect des recommandations sanitaires locales.

Cette plante s'intègre naturellement dans nos jardins agroécologiques, aux côtés du moringa, des légumes, des plantes médicinales et des cultures vivrières.

Elle devient ainsi une ressource supplémentaire pour les familles.


Une plante qui renforce l'autonomie des villages.

Notre objectif n'est pas que les villages dépendent en permanence de ressources extérieures.

Nous voulons qu'ils développent leurs propres capacités.

Lorsqu'une famille apprend à produire de l'Artemisia dans son jardin, elle acquiert un savoir-faire durable.

Elle devient moins dépendante des ruptures d'approvisionnement.

Elle participe également à la diffusion de cette culture auprès d'autres familles.

Le savoir circule.

Les pratiques se transmettent.

Et l'autonomie progresse.


3. Santé, nutrition et agriculture : un seul et même combat

Chez Tamounte, aucun projet n'est pensé isolément.

La lutte contre le paludisme est intégrée à l'ensemble de nos actions.

Ainsi, lorsqu'une famille bénéficie : d'un jardin maraîcher ; d'une alimentation plus diversifiée ; d'un accès à l'eau potable ; de formations en hygiène ; de la culture du moringa ; de la culture d'Artemisia ; elle améliore progressivement l'ensemble des facteurs qui renforcent la santé des enfants.

Notre approche est globale.

Parce que les problèmes sont eux-mêmes liés les uns aux autres.


Exemple : un jardin qui protège bien plus que l'alimentation.

À première vue, un jardin maraîcher semble uniquement destiné à produire des légumes.

En réalité, il produit beaucoup plus. Il améliore la qualité nutritionnelle des repas. Il augmente les revenus grâce à la vente des surplus. Il permet d'acheter des médicaments lorsque cela est nécessaire.

Il réduit les carences. Il renforce les défenses immunitaires des enfants.

Il participe donc indirectement à diminuer les conséquences des maladies infectieuses comme le paludisme.

Un simple jardin devient ainsi un véritable outil de santé publique.


Un impact qui dépasse largement la santé

Lutter contre le paludisme produit des effets dans toute la communauté.

Les enfants restent davantage à l'école. Les parents travaillent plus régulièrement. Les dépenses médicales diminuent. Les récoltes sont mieux entretenues. Les activités génératrices de revenus se développent.

Les femmes consacrent moins de temps aux soins d'urgence.

Les villages deviennent progressivement plus résilients. Prévenir le paludisme, c'est aussi renforcer l'économie locale.


Notre vision : la santé est un investissement pour le développement

Chez Tamounte, nous refusons d'opposer santé, agriculture, eau et développement économique.

Ces dimensions sont indissociables.

Une pompe solaire permet d'irriguer les jardins. Les jardins améliorent l'alimentation.

Une meilleure alimentation renforce les défenses immunitaires. La prévention du paludisme réduit les maladies. Des familles en meilleure santé travaillent davantage.

Des revenus plus élevés permettent d'investir dans les exploitations agricoles.

L'ensemble du village progresse.

C'est cette logique systémique qui guide chacune de nos actions.


Nos objectifs : grâce à cette approche intégrée, nous souhaitons : réduire durablement les cas de paludisme chez les enfants ; protéger les femmes enceintes ; renforcer la prévention communautaire ; développer la culture locale de l'Artemisia dans les jardins agroécologiques ; améliorer la sécurité alimentaire des familles ;

  • diminuer les dépenses médicales des ménages ; renforcer l'autonomie sanitaire des villages.


Prévenir le paludisme, c'est protéger l'avenir.

Chez Tamounte, nous ne considérons pas la lutte contre le paludisme comme une action de santé isolée.

Nous la considérons comme un investissement dans l'avenir.

Parce qu'un enfant qui grandit en bonne santé ira plus longtemps à l'école.

Parce qu'une mère en bonne santé pourra développer son activité économique.

Parce qu'un agriculteur qui ne tombe pas malade cultivera ses terres.

Parce qu'une famille qui dépense moins en soins investira davantage dans son alimentation et dans l'éducation de ses enfants.

Au fond, lutter contre le paludisme, c'est bien plus que prévenir une maladie.

C'est protéger l'enfance, renforcer l'autonomie des familles et construire des communautés plus fortes, plus résilientes et plus libres.

Illustration Chaque don change une vie
Soutenez-nous !

Chaque don change une vie

Grâce à votre soutien, des femmes et des hommes retrouvent espoir, dignité et opportunités. Un geste aujourd'hui peut transformer durablement un parcours, une famille, une communauté.

Faire un don